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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 09:46

 

Il y a un an, je dormais pour la première fois dans un hôpital, avec mes vêtements, sans rien de plus, laissant mon mari rentrer seul à la maison. La nouvelle était tombée dans la matinée, sans crier gare, passant de l’ophtalmo à l’irm aux qinze-vingts, puis de l’irm à l’hôpital de Créteil, où celle qui allait devenir « ma chirurgienne » nous expliqua, après nous avoir intimé l'ordre de nous asseoir, que j’avais une sale clémentine à la tête, qu’il fallait opérer, pas d’autre choix, que c’était bénin, et qu’ils préféraient me garder quelques jours pour canaliser la bête avant d’opérer. 


J’ai dormi en neurologie, dans une chambre froide, sans pouvoir obtenir de couverture supplémentaire et en compagnie d’une femme atteinte d’un cancer au cerveau. J’étais dans un état « second », je n’ai pas vraiment réalisé ce qui m’arrivait. Je n’ai pas eu peur. Il fallait m’opérer ? Soit. C’était bénin ? Ouf. Pas vraiment d’émotions. Ou je ne m’en souviens pas. Dans mon état normal, je n’aurais pas réagi comme ça. Le flip, je l’ai eu après...

 

Un an plus tard, hier donc, nous avons pu fêter l’anniversaire de notre ami. Nous avons évoqué tout ensemble ses 60 ans il y a un an, nous lui avions fait faux bond… Mais sans nous y attarder, le présent était plus intéressant. Nous avons passé une belle soirée, à cinq, plein de rires, de simplicité.

 

Si vous avez connu un événement marquant, un événement qui vous met en danger, dont vous sortez indemne, vous ne pouvez vous empêcher de penser à ce qui est arrivé, à ce qui aurait pu arriver, aux difficultés passées, à la fragilité de la vie. Vous savourez alors d’être tout simplement là, un an plus tard, heureux de vivre, ébahi d’avoir échappé au pire, remerciant Dieu, si vous êtes un peu croyant. C’est un phénomène intense, une ébullition intérieure, une jubilation. L’envie de crier au monde entier : JE SUIS LÀ, JE SUIS EN VIE, LA VIE EST BELLE, JE L’AIME ET JE VOUS AIME. Bien sûr, on finit par l'intégrer, et à vivre de nouveau « comme avant ». C’est bien, heureusement, et en même temps dommage car il est bon aussi de savoir se rappeler le goût de la vie. Nous avons si vite tendance à nous plaindre… Mais aux dates anniversaire, la chose se rappelle à notre bon souvenir… D’ailleurs j’aime bien les cérémonies du souvenir. Je trouve que c’est important. Il est des rites qui nous ancrent dans notre histoire et c’est bien.

 

Alors il faut me pardonner si je gagatise à répéter, à me rappeler cet événement encore présent dans mon esprit. Et pas seulement dans mon esprit, car étonnemment, depuis quelques jours, j’ai mal à la tête, là où ma fut enlevée ma clémentine, une sorte de pression gênante, comme si on me compressait le crâne. Il n’y a rien, tout est nickel à l’intérieur, alors est-ce que mon corps joue lui aussi les commémorations ?

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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 10:07

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J'ai beaucoup plus écrit (dans mon coin) que publié (ici) ces derniers jours. J'ai beaucoup pensé, trop. Je m'aperçois que je suis plus habile aux mots qu'aux actes et qu'écrire les choses, les vouloir, ne suffit pas. Il faut beaucoup plus de travail. (voilà que je recommence avec mes "il faut". Inccorrigible !!)

Je viens de finir le livre "Mange, prie, aime", que j'ai bien aimé finalement. L'auteure est attachante. J'ai retenu une chose dans sa quête d'apaisement et d'équilibre, c'est l'importance parfois de faire silence. Je pense que j'aurais bien besoin de silence pour faire le vide, me détacher des mots, des pensées qui ne cessent de tourbillonner. De cette effervescence qui m'encombre.

Hier midi, je déjeunais tranquillement dans un resto japonais avec mon mari, nous étions bien... Je lui ai dit "Tu vois, je trouve que je récupère mieux, je suis pas au fond du trou comme les autres fois". Lui, trouvait aussi que je m'en "sortais bien". 

Hier soir, il a dû sortir une petite heure, je m'apprêtais à préparer le dîner et là, un grand vide : incapable de décider quoi préparer, plus aucune volonté, pas faim, pas d'envie. Une béance, un néant. Je me suis mis à pleurer sans plus pouvoir m'arrêter. Seule sur mon lit, les larmes ont appelé des questions, des doutes, de nouvelles interrogations ? Où en sommes-nous dans notre vie ? en gros, les choses se résumaient à ça. 

Quand il est rentré et m'a vue dans cet état, j'ai craint qu'il soit las encore de mes pleurs. Mais il a été compréhensif. Ma rappelé, les efforts de ces dernières semaines, la tristesse toute récente, la fatigue, le stress. Je me suis accrochée à ses mots comme à une bouée de sauvetage. J'ai accepté, compris, que j'étais encore fatiguée, triste, désorientée et que ma volonté, le courage que je gagne jour après jour, ne suffisent pas. Ils m'aident sûrement, mais je reste ce que je suis, et je viens de vivre des moments difficiles que je ne peux renier. 

Alors, finalement, je ne sais pas trop où j'en suis. J'ai envie de trouver la paix. Je ne pense pas trop au triste --- de cette semaine, je pense plus à ce que je suis, où j'en suis. Je ne suis pas sûre que j'étais prête (je sais m'dame frimousse, on n'est jamais prête, je crois que c'est toi qui m'a dit ça). Mais je crois que j'avais trop en tête les angoisses de début de grossesse, le stress de la perte, les mois à passer, la perte que j'ai vécue. Etre enceinte, c'est mon désir le plus profond et aussi celui qui m'effraye. Je suis capable de vivre une grossesse, et je le veux de tout mon coeur, mais je crois que là, c'était trop tôt. 

Je suis sur le chemin d'une préparation plus profonde que je ne l'imaginais. Il me faut intégrer le mot enceinte à ma personne (un sujet sur lequel je devrais revenir). J'espère arriver au tec ou à fiv 4 avec plus de sérénité et avec la certitude de l'avoir intégré ce mot.

Je me dis, c'est fou quand même tout ce que la pma remue. Les questions que l'on se pose, les attentes, les espoirs, les échecs... Une sorte de vie puissance 10.  Quand on tombe enceinte naturellement, est-ce que ces questions viennent ? Est-ce qu'on gagne quelque chose à vivre tout ça ? Est-ce qu'on devient plus mûres ? Plus fragiles ? Plus fortes ? Est-ce qu'on reste la même ? Est-ce qu'on devient une autre ? En sort-on indemnes ? 

J'imagine que vous avez des idées sur ces questions, mais pour ma part, je ne suis plus si certaine d'avoir toutes les réponses, je ne suis plus si affirmative aujourd'hui. J'avance à tâtons... Je fais comme je peux. 

Côté corps pour finir, toujours pas de règles, ni un soupçon d'amorce (une petite semaine a dit l'infirmière), mais ce matin, les ovaires me font mal de nouveau. J'espère qu'il n'y a pas un sale truc qui se passe. Genre, mes kystes qui se mettent à grossir.  Après le transfert, on est un peu abandonnées, les douleurs qui arrivent, les questions, il faut se débrouiller avec, essayer d'appeler le centre, mais ça reste un peu superficiel,impression de gêner, de ne plus être dans le circuit. Quant à gyné belle, je ne peux jamais l'avoir en direct, j'appelle, je laisse un message, elle me rappelle, sauf que souvent, je suis au bureau, ça ne capte pas sur le portable, si je lui donne le fixe, je ne peux pas parler (collègues autour), en plus, elle est toujours speed, je suis frustrée avec ça... Je crois que je vais prendre deux spasfon et aller feuilleter le livre que je vais entamer (avant de commencer le livre "les visages", je vais regarder ce livre sur la médiation qu'on m'a offert il y a longtemps et que j'avais oublié, jamais ouvert). 

 

PS : au fait, hier aussi, j'ai passé des heures à essayer de changer le look de ce blog, j'ai fini par piquer une crise et le laisser en l'état, rien n'allait... 

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Après un heureux mariage en 2008, et des essais sans effets, nous n'eumes pas de nombreux enfants...

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2011 : Rebelote avec FIV3 en janv puis TEC1 en mai. Toujours sans effets... 

2011 : fin des FIV,  projet fivDO abandonné avec opération d'un méningiome (tumeur bénigne au cerveau)

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2013 : à 44 ans, retour en PMA : direction FIV DO en République Tchèque fin septembre  

À suivre : le collectif B-AMP

Un collectif et un blog pour les personnes concernées par l'infertilité, pour que l'aide médicale à la procréation évolue, pour s'informer, échanger, se rencontrer et faire évoluer les choses. B-AMP comme Blog et AMP https://collectifbamp.wordpress.com/