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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 13:49

 

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Ce matin, la lettre de la main magique parlait de voyage intérieur, des rêves éveillés que l’on peut faire, d’un imaginaire que l’on peut se créer. ça m'a rappelé ce qu’il m’arrive régulièrement de faire : m’imaginer dans d’autres vies, vivre d'autres choses...

Je crois que j’ai déjà évoqué sur ce blog, ces moments de « rêve éveillé » que je me programme, souvent au moment de m’endormir. Ces rêves n’ont rien d’extraordinaire, j'y suis souvent (depuis quelques temps) une super maman... Parfois une grande artiste, ou un savant, il m’est arrivé d’être immortelle, mais là c'était compliqué...  

 Dans ces rêves, je peaufine les détails, je visualise les lieux de vie, invente des personnages, des situations, bref, je me raconte des histoires...

J'espère que ça n'a rien de fou... Je crois que c’est juste un jeu avec mon imaginaire., des petits moments d'évasion à moi, qui m'aident quand le quotidien est lourd... J'ai toujours fait ça... Mais pas tellement en ce moment.

J’aurais bien besoin de renouer avec ces jeux-là, seulement je suis trop ancrée dans le quotidien, les soucis, la fatigue…

Je pourrais me refaire le film de la femme enceinte. Comme une projection de ce que pourrait devenir ma vie. C'est aussi une méthode de sophro... 

 

Ce film de la femme enceinte, je l'ai écrit une fois, au moment de ma fausse-couche, j'y ai surtout réécrit la scène de l'écho, car je ne pouvais plus supporter ce moment de ma vie, hélas bien réel qui revenait en boucle, ce moment où l'échographe m'a dit "je suis désolé". Je ne pouvais plus supporter mon coeur qui se serrait à m'étouffer, les larmes, la rage, la colère, l'incompréhension...

Je ne savais pas comment sortir de cet enfer. Car c'était vraiment l'enfer. 

Celles qui ont vécu une fausse-couche (et d'autres qui les ont vécues à répétition... ) savent bien cela n'est-ce pas ? Donc, j'ai écrit à ce moment-là, ce qui me venait, sans réfléchir. 

J'ai écrit le texte ci-dessous, il y a quelques mois, je venais donc d’apprendre que mon petit trésor ne vivait pas, qu'il était encore en moi, que j’allais devoir « l’expulser »...

Ce texte, je l’avais d’ailleurs titré : le film

 

Texte d'octobre 2010 :

 

Le film

A défaut de vivre ces scènes-là, pas maintenant en tout cas, je les imagine, mais ce n'est pas sans douleur, c'est stupide même, et alors. 

Le film reprend ce lundi matin, nous avons rendez-vous à l'hôpital pour l'échographie. Nous attendons une heure, je suis toujours un peu anxieuse et je trouve le temps long, D. lit des dossiers, consulte ses mails sur son iphone, me prend la main, la serre me dit "tout va bien". Il est serein. Puis vient notre tour, je m'installe, les pieds dans les étriers, on propose à mon mari d'approcher pour qu'il puisse voir l'écran. Qui s'allume. Surface grise en mouvement, des taches noires apparaissent, deux puis trois, l'une est très visiblement plus grosse. Il les fait évoluer pour obtenir la meilleure vue. Ils nous explique que ce sont les sacs, dans les deux plus petits, il n'y a rien, pas d'embryon, mais dans le troisième oui, et cette fois, nous y sommes, nous le voyons nettement, l'image reste grise, un peu floue, on ne comprend pas tout, mais on distingue clairement sa forme, il arrête l'image pour le mesurer : 18 mm. "Parfait nous dit-il, tout va bien de ce côté-là, nous allons essayer d'entendre son coeur maintenant". Derrière un crachotement vilain, un rythme régulier ne laisse aucun doute, ce coeur qui bat, c'est le sien, pas le mien. Nous nous regardons émus, D. me sourit, pose des questions techniques que je n'entends pas, je suis toute à ce moment-là. Quelques mesures encore, "c'est bientôt fini", dit-il, puis, "vous pouvez vous rhabiller, tout va bien". 

Par la suite, nous aurions rencontré une sage-femme qui aurait pris en compte ma volonté d'accoucher à B. et m'aurait indiqué les prochains rendez-vous, les formalités, nombreuses, ainsi que quelques précautions et conseils. Nous serions repartis heureux, plein de toutes ces informations, de ces belles nouvelles et j'aurais repris le coeur léger, bien que toujours consciente du risque toujours présent d'une fausse-couche. 

Mais elle n'aurait pas eu lieu. J'aurais vécu ces trois premiers mois dans la crainte, et tout serait allé bien. Mon ventre aurait commencé à s'arrondir et avant les fêtes de Noël, nous l'aurions annoncé aux collègues de travail : surprise, félicitations, et grande émotion pour moi. "Oui, on est heureux", on ne s'y attendait pas (demi-mensonge), oui, c'est prévu pour début juin"... La nouvelle se serait aussi répandue dans nos familles respectives, auprès de nos amis, comme autant de moments de bonheur à pouvoir enfin partager. 

Janvier, une autre échographie, nous aurions demandé le sexe, selon le souhait de D. Et nous aurions appris que ce serait un garçon. Nous aurions commencé à nous chamailler pour le prénom : lui fixé sur Pablo et moi, persuadée que tous les Pablo, comme Picasso ne pouvaient être que des hystériques, horrifiée à cette idée, même si la sonorité me plaisait. J'aurais alors tenté pour ma part de plaider pour Aimé, en vain. Au fil des semaines, avec le ventre arrondi et l'arrivée de ma 42e année, la fatigue aurait commencé à s'installer, mais aussi le plaisir intense d'enfin le sentir. Les semaines n'auraient été qu'une suite d'enchantements, avec quelques frayeurs : tests incontournables,  douleurs suspectes... Mais il aurait fini par arriver notre petit trésor, un 1er juin, parfaitement entouré de son père présent tout au long, d'une équipe dévouée. J'aurais alors été mère.  

 

 Faute de vécu, j'avais l'imagination un peu courte sur l'aspect descriptif, mais les sentiments étaient forts. En écrivant ce film, je pouvais palper le bonheur, la joie qui n'était que leurre entre les pleurs : j'étais un instant entre rêve et réalité. La réalité a repris le dessus. Le rêve était vain, le cauchemar a repris ses droits, et la vie a repris son cours.

Aujourd'hui, je ne referais pas ce film, d'ailleurs, j'ai du mal, je le vois bien, à faire n'importe quel film, j'ai l'impression que ça ne sert à rien à part remuer un couteau dans la plaie. 

L'échec de cette fiv est encore tenace. Je le vois à ce genre de petits signes, impossible de rêver de nouveau, des mots qui passent mal, des images que j'occulte... 

Il faut encore du temps avant de repartir de l'avant.

En essayant de mieux vivre à défaut de rêver. 

 

 

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commentaires

fabienne 28/02/2011 19:41


S'offrir des images positives avant de s'endormir, diriger son cerveau vers le rêve pour éviter la torture du cauchemar. Tu as raison de metter du baume au coeur pour la nuit. Quant au texte de
2010, il illustre la suite du choc de la nouvelle. Ils nous disent "je suis désolé", on leur répond "non pas ça, c'est un cauchemar". J'espère que tu réussiras à alléger ta souffrance et ta peine
pour te créer de nouveau une bulle de douceur, tant le jour que la nuit. bizz


mon-petit-tresor.over-blog.com 28/02/2011 20:27



A force, je ne sais plus quoi faire, quoi penser, ne sais plus ce que je ressens ou pas, un jour, j'ai de l'espoir,  le lendemain le monde s'écroule, je me trouve usante... Je n'arrive pas à
être régulière dans mes émotions, mes sentiments. Je crois qu'il me faut m'accepter comme ça... Mais j'aimerais bien retrouver mes rêves en tout cas... !!! Sur ce, douce nuit à toi ;-))



PMGirl 28/02/2011 15:21


Je pense que la "visualisation positive" doit aider... Et ton récit t'a certainement permis d'avancer... bisous


mon-petit-tresor.over-blog.com 28/02/2011 20:23



Je l'espère ! A vrai dire, je ne sais pas. C'est un refuge sûrement en tout cas... Bisous



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