Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 22:28

Photo-33.jpg

 

Ma journée n’a pas été très intéressante, idem hier ou avant hier. Je bosse comme une malade, je blogouille le soir, je lis, fais un peu de gym, je discutaille avec mon mari, le quotidien quoi.

Dans ce quotidien, il y a aussi mes pensées, beaucoup de pensées, mon côté psy toujours, peut-être un peu obsédant, mais j’ai sûrement besoin de ces réflexions, de ces questionnements.

 

Deux trois choses que je constate en ce début de fiv 3 :

Les deux premières fois, je ne me posais pas autant de questions, je me laissais porter par la médecine, je suivais comme il faut le protocole, j’avais confiance, j’étais un bon petit soldat prêt pour le combat. Maintenant, je réfléchis plus, je me pose plus de questions, j’ai confiance mais je suis moins confiante (nuance importante), plus mesurée, plus méfiante.

Et j’avance à petits pas comme sur des œufs qui pourraient se briser d’un rien. J’ai un peu la trouille pour tout, pour rien. Par exemple :


La question du spermo

Nous avons dû refaire nos analyses (vih, etc.) et surtout pour lui, les spermo... Nous aurons les résultats la semaine prochaine et je focalise complètement dessus. Il faut dire que mon tendre est sorti un peu déconfit, pas inspiré par les filles des magazines, pas fier de lui, :

« c’était plus liquide que d’habitude »

«ah bon »,

« ben oui »

« et alors, tu crois que ça veut dire quelque chose ? »

« j’chai pas, c’était pas comme d’habitude »

« oh la la, t’aurais pas dû me dire ça, je vais m’inquiéter maintenant »,

« mais non, arrête, on verra »…

C’est vrai, ça ne sert à rien de flipper. J’ai quand même un petit pincement mais je gère et surtout je me dis que lui aussi, finalement il a dû changer, il a sûrement des doutes, des inquiétudes et il y va moins sereinement. Il a pris des baffes comme moi et il a peur de pas assurer. C’est sûrement pour ça qu’il m’a dit ça.

 

La question du transfert

Autre point de changement : je ne suis pas sûre du tout d’aller jusqu’au bout, jusqu’au transfert. Avant, les deux premières fois, la question ne se posait même pas, je n’imaginais pas que l’on pouvait s’arrêter en chemin (même si on nous avait prévenus). Depuis, j’avance prudemment, je sais que tout peut s’arrêter net, qu’on peut se gonfler de bonheur un jour et être écrasée le lendemain. Fini le temps de l’innocence. Mais c’est mieux ainsi je pense.

 

La question des règles

Même pour mes règles qui n’ont jamais posé de problème, j’ai des doutes. En décembre, elles étaient si courtes et légères, je me suis demandée si c’était bien des règles ? Et là, tout est-il rentré dans l’ordre, les aurais-je le 13 comme il se doit à J28 ? La FC n’a-t-elle pas entraîné des dérèglements, des problèmes qu’on n’imagine même pas encore. Rien

de sûr.

 

La question du changement

Alors, oui, je crois que j’ai changé, que nous avons changé tous les deux. Lui en parle peu, mais je m’en rends compte à plein de petites choses :

Il parle beaucoup de son enfance, de ses relations avec ses parents

Il ne dit plus à tout bout de champ « ça va marcher, il faut y croire »

Il écoute ce que je dis, l’air de rien

Il a besoin d’en parler, en a parlé à une vieille connaissance.

Il est sorti moyen du labo

Il tient à cet enfant, mais il semble se préparer aussi l’éventualité d’une vie sans…

Il se protège et il me couve moins

 

Je trouve ça bien et sain qu’il se passe des choses en lui, même si je regrette qu’on ne puisse pas en parler facilement. Il n’est pas porté au dialogue (enfin pas pour ce genre de choses). Il a une façade d’homme solide et équilibré qu’il ne peut ébranler. Je ne le brusque pas, mais l’air de rien j’ouvre les portes qu’il entrebaille. Il était temps que je l’écoute. Je n’ai écouté que moi en novembre et décembre, je n’ai pas du tout été présente pour lui, pour calmer ses douleurs, pour écouter ses souffrances. Il a dû me soutenir, m’aider, et personne n’était là pour lui. Je ne veux pas culpabiliser pour autant, j’en étais alors incapable et une fc est terriblement traumatisant, mais maintenant, il m’importe de veiller sur lui, de l’observer, de suivre ses signes, ses gestes, ses mots et d’essayer de comprendre ce qu’il n’exprime pas, mais surtout lui montrer que je suis là, l’accompagner.

 

Pour conclure

Je vois bien que c’est pas l’euphorie en ce moment, on est saturés de boulot, on avance méfiants dans cette nouvelle fiv, on sait qu’on a de fortes chances de s’étaler encore et qu’il faudra se relever. On essaye de se maintenir à flots, de se construire des petits plaisirs : Ce week-end, on va voir une expo, inviter des amis à une foie gras party, se bouger dans notre club préféré (et tenter de caser courses/ménage…)… Mais c’est pas une super belle période. Pas très triste, pas très heureuse, une période entre-deux que j’essaye de modérer.

 

Pour finir

Je suis allée au labo ce soir pour récupérer mes résultats (les miens étaient prêts). On m’a fait attendre, une jeune a eu ses résultats, elle a posé une question, je n’ai entendu que la réponse « c’est positif », elle a souri, est sortie. Puis elle est revenue une petite minute après, son enveloppe ouverte, elle a posé une autre question, là encore, je n’ai entendu que la réponse : « 4 SA, ça fait deux semaines de grossesse ».

J’ai eu mon enveloppe aussi : je devrais être heureuse, tout est négatif, vih, hépatite… Mais je suis sotie le cœur lourd, lourd. Avec une envie de pleurer. Mais les larmes ne sont pas venues, c’en était presque douloureux, et je me suis forcée à aller cuisiner, à écouter la radio, à oublier, en me disant, « un jour, ça ne te fera plus rien ».

 

Partager cet article

Repost 0
Published by mon-petit-tresor.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Cami 10/01/2011 20:36


Moi je ne crois pas que c'est embêtant... Le plus robuste des deux tient le coup jusqu'à ce que l'autre soit un peu plus en état, je trouve ça plutôt rassurant. Quand on aura des petits, on se dit
qu'il y en aura toujours un des deux qui restera debout.
Le tout, c'est que nos hommes s'autorisent à craquer à un moment ou un autre, ou au moins à exprimer leur douleur et leur désarroi d'une façon ou d'une autre.


mon-petit-tresor.over-blog.com 12/01/2011 08:06



Complètement d'accord, il y a sûrement un équilibre qui s'établit ainsi. Et c'est vrai qu'il ne faut que nos hommes soient victimes de sentiments qui resteraient étouffés. Je m'en suis un peu
voulue d'avoir été tant tournée sur moi-même... 



fabienne 10/01/2011 19:02


j'ai cru lire mes mots ... nous changeons, lui, toi ... bon courage.


mon-petit-tresor.over-blog.com 10/01/2011 20:05



Oui, et j'espère que nous restons nous-mêmes aussi... Bises et bon courage à toi aussi 



Cami 09/01/2011 23:48


Depuis 2 jours je cherche le contenu de mon commentaire sans pouvoir le trouver alors que je l'ai là, juste au bout de la langue/des doigts.
A la troisième lecture de l'article, j'ai compris ce qui voulait sortir : au moment des coups durs, je pleure, je craque, je me traîne comme une âme en peine, et MonHomme tient le coup et continue
sa route presque comme si de rien n'était. Et quand je remonte un peu la pente, il s'autorise à craquer... Ça me bouleverse, à chaque fois.
Le tien fonctionne peut-être un peu comme ça : quand tu étais au fond du trou, il a peut-être mis sa douleur de côté pour te soutenir, sans forcément s'en rendre compte.
En tous cas il est émouvant, ton amoureux.


mon-petit-tresor.over-blog.com 10/01/2011 19:41



Oui, je crois qu'il y a de ça car il a un côté très protecteur et moi je me laisse volontiers materner... on fonctionne ainsi, c'est pas forcément bien pour fonder une famille ? mais on s'entend
bien... En tout cas je crois que tu as vu juste.



marlysa 08/01/2011 13:24


Que de douleurs encaissées... Ca laisse des traces profondes. on ne devrait pas avoir à vivre tout ça, c'est si injuste. Et la scène du labo, j'ai les larmes aux yeux en la lisant... bisous doux


mon-petit-tresor.over-blog.com 09/01/2011 11:20



Merci Marlysa, mais tu sais, je me trouve plutôt bien lotie (si on peut dire) par rapport à beaucoup d'autres. Mais je suis aussi d'accord avec toi sur les traces. Et bien sûr, on ne devrait pas
avoir à vivre ça, et en même temps, on apprend peut-être plus que les autres (ou différemment) que la vie n'est pas facile, qu'elle ne vient pas forcément facilement, qu'il faut du courage, de la
volonté, de la patience, beaucoup d'amour. Je comprends qu'on devient plus fortes et plus fragiles. Je crois qu'on s'enrichit, mais à quel prix !



Chris et Yannick 08/01/2011 08:19


Ni triste ni gaie, mais au moins, tu es dans l'équilibre, et cela ca n'a pas de prix.

Concernant tes doutes, je dirais que c'est normal d'en avoir, après il ne faut pas que cela devienne obsédant, ... du coup, moi, à chaque fois que j'en ai un, j'appelle ma gynéco pour me les
enlever de la tête, sinon, l'air de rien, cela me pèse au moral ...

Pour ton mari, ne t'inquiète pas, les choses évoluent, et cela est normal ... peut être qu'il te sens plus sur de toi, et du coup, il est moins dans l'obligation de te couver ... j'ai eu les mêmes
impressions avec mon mari, ...

Quand j'étais au fond du trou, il me couvait, et lorsqu'il me sentait remontée la pente, il me laissait à nouveau plus "libre" ...

Je crois qu'ils ne voient pas les choses comme nous, ils se sentent obligés de gérer pour deux, et du coup, ils s'impliquent moins que nous, pour parer aux urgences et aux coups de stress, et de
moins bien, ... et je préfère qu'un de nous deux soit hors de tout cela ... pour notre bien être à nous deux au final ...

Quant à ta dernière phrase, je te dirais juste que c'est humain de ressentir des choses, même ces choses là ... et qu'il ne faut pas pour autant se dire que cela passera un jour ... je n'ai pas
honte d'avoir ce genre de pensée, je me dis juste qu'un jour, ce sera mon tour d'avoir mon positif, et que d'ici là, je suis contente de n'avoir que des résultats négatifs pour le reste, cela
prouve qu'au moins je suis en bonne santé ...

Alors tu n'es peut être ni triste ni gaie, mais l'équilibre n'a pas de prix, ... et puis ne t'inquiète pas pour ta FIV, je sais que tu vas la finir, ... tu en es largement capable et cette petite
force au fond de toi va t'y aider, ... Va la chercher, taquine là ... et elle viendra t'aider quand tu en auras besoin ...

Ne lâche rien par peur, surtout que tu as une chance énorme de pouvoir faire des FIV ;;; alors tu sais que je suis par là si tu as besoin, parle moi, crois en toi, crois en vous deux, et n'hésite
pas à m'interpeller dans ton questionnement, j'essayerai de t'aider au mieux.

Alors courage à toi, je croise les doigts pour toi, pour vous deux .. et tiens moi au courant.

Mille bizous.


mon-petit-tresor.over-blog.com 09/01/2011 11:14



Merci Chris de ton soutien, d'accepter d'être là pour moi, alors que les choses sont bien compliquées chez toi aussi. 


"Ne lâche rien par peur, surtout que tu as une chance énorme de pouvoir faire des FIV"


Je retiens surtout ces mots parce qu'il me rappelle ce que je souhaitais il y a un an : aller au bout de
tout ce que nous pourrions tenter pour ne rien regretter, et ce que j'écrivais : que oui, nous avons cette chance-là de pouvoir tenter des fiv (je sais que tout le monde ne l'a pas et j'ai lu des
parcours bien plus lourds que le mien). Et puis, depuis, j'ai même un petit bonus : la certitude que ça peut marcher, un petit bonus qui a un prix : ça peut, ne veut pas dire ça
va...


Mais ça va ma Chris, je me sens un peu différente, mais ça va.


ET puis j'ai le plaisir de te lire : sidérée par ton parcours du combattant l'autre jour, émue et admirative
le plus souvent... Tu me fais du bien. A très vite.   



Serons-Nous Un Jour Parents ?

  • : Mon petit trésor (Ange)
  • Mon petit trésor (Ange)
  • : Nous le pensions, nous l'espérons encore... En attendant, nous voilà dans le petit monde de la pma...
  • Contact

Notre chemin

Après un heureux mariage en 2008, et des essais sans effets, nous n'eumes pas de nombreux enfants...

2010 : direction FIV1 en mai, puis FIV2 en sept avec un beau + mais FC à 8SA...

2011 : Rebelote avec FIV3 en janv puis TEC1 en mai. Toujours sans effets... 

2011 : fin des FIV,  projet fivDO abandonné avec opération d'un méningiome (tumeur bénigne au cerveau)

2012 : Pause et récupération

2013 : à 44 ans, retour en PMA : direction FIV DO en République Tchèque fin septembre  

À suivre : le collectif B-AMP

Un collectif et un blog pour les personnes concernées par l'infertilité, pour que l'aide médicale à la procréation évolue, pour s'informer, échanger, se rencontrer et faire évoluer les choses. B-AMP comme Blog et AMP https://collectifbamp.wordpress.com/