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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 15:59

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La broderie ça me délasse, c'est ma méditation...

 

Mes douleurs récentes ont mis au jour un problème récurrent : des peurs fortes, un mal être, un malaise, la totale... 

Depuis novembre dernier et sa fausse couche, je n'ai fait qu'enchaîner les déceptions en pma, mais en parallèle, la situation au travail est devenue de plus en plus catastrophique et avec juin et le tec, il m'a fallu envisager la fin de la pma telle que je l'imaginais pour passer au don et à tout un nouveau monde. Ces événements n'ont rien de réjouissant en eux-mêmes, mais ils n'ont rien non plus d'insurmontable. Mais avec le stress et la fatigue cumulés, ça n'a pas aidé. D'autant que je suis inapte à les surmonter... 


Je me sens totalement démunie, j'ai l'impression d'avoir en face de moi une montagne noire, un tsunami, j'ai l'impression que ma vie s'écroule et que je n'ai aucune prise sur rien, le sentiment que tout m'échappe, que ma vie m'échappe, que je me perds, que je me noie, que je n'arriverai pas à remonter la pente, que je n'ai aucune arme, aucun moyen de maîtriser quoi que ce soit. Voire que j'ai raté ma vie... Et je la rate effectivement à croire tout ça... Quelle tristesse... 

 

Le problème est là : ce ne sont que des impressions et elles me tétanisent, elles ne sont pas la réalité et pourtant elles m'empêchent d'agir, de réagir, de vivre tout simplement. Alors oui, j'en avais plein le DOS, oui, je suis incapable de porter quoi que ce soit à bout de BRAS, oui, mon bas ventre devenait du plomb...

 

Un matin, j'ai compris pourquoi. Ou en tout cas une partie du pourquoi, ou en tout cas, le pourquoi que je m'imagine. Il n'y aura qu'avec un psy que je pourrai aller plus loin, mais déjà je sais ce qui me fait peur, ce que je refuse, ce que je suis incapable d'accepter :


Je suis incapable d'accepter la séparation, le deuil,

je suis incapable de tourner une page, en colère quand la vie décide pour moi... 


J'ai accepté avec bonheur la pma, car c'était notre choix qui ouvrait des solutions là où il fallait faire le deuil de l'enfant à venir. J'ai accepté les traitements, vaillamment. Mais ensuite, j'ai perdu mon petit trésor, puis j'ai perdu un peu la foi avec. J'ai dû envisager autre chose, tourner la page de la pma et ouvrir un nouveau chapitre, celui du don, mais trop brutalement. Parallèlement, nos mois d'inquiétude au travail se sont transformés en certitudes de catastrophe... Nouveau choc, nouvelle page à fermer : plus de dix ans dans la même société et le chapitre va se clore. J'arrive pas à digérer tout ça. 

Quand je pense à ces événements, je me vois comme une petite fille apeurée, tétanisée, je suis alors la petite fille qu'on a retiré à ses parents, qui a dû affronter une autre vie, qui ne souvient pas du choc mais qui a dû le vivre, c'est sûr... 

Si j'ai peur de la maladie, peur de perdre les gens que j'aime, ce n'est que pour ça. Je vis dans l'affectif, je me construis à travers la relation aux autres et je ne me construis pas entièrement moi-même. Le faire serait me renvoyer à ma solitude, à notre condition d'humain nous naissons et mourrons tous un jour, SEULS. 

J'ai compris tout ça aussi depuis longtemps à vrai dire, mais je n'y associais pas nos événements récents. 

 

Il y a aussi un autre facteur important dans tout ça : mon inertie totale ! Avant de rencontrer et de travailler avec mon mari, j'ai eu une petite vie quand même, j'ai fait mes choix, j'ai pris des décisions, dont celle, pas simple du tout, de quitter mon précédent petit ami (et toute la famille que je m'étais recréée avec ...) je suis partie à l'étranger, j'ai travaillé de petits boulots, et je n'ai pas le souvenir d'avoir été si fragile. 

Mais depuis que je vis avec mon mari (qui je le rappelle est bien plus âgé que moi), je me suis laissée porter par la vie, par le confort. Oh pas tout le temps, car il a fallu 10 ans à monsieur pour m'accepter dans son existence et me présenter à ses parents... J'ai donc quand même consacré dix ans à croire que quelque chose était possible entre nous et heureusement que oui ! Donc de 25 à 35 ans, je me suis accrochée à lui avec l'espoir qu'il finirait par envisager autre chose qu'une relation supposée éphémère... Autour de la trentaine, j'ai fait une tentative bébé et je me suis ramassée...

A la mort de mon père, les choses ont complètement changé. Monsieur est devenu très accro, il a fallu qu'il me présente sa mère dans la semaine et il a radicalement évolué. Mais pendant ce temps, au fil des ans, je devenais aussi dépendante de cet homme, j'ai fini par trop le laisser faire. C'est de ma faute, mais c'est de la sienne, car il est toujours "décideur" pour tout. Alors je n'avais plus à prendre tant que ça d'initiatives.  Même si c'est pourtant moi qui suis à l'origine de nos grands tournants : le projet bb, le mariage. Mais au quotidien, c'était lui. Et c'était sûrement très confortable pour moi de me laisser porter. Mais c'était aussi un grand danger. 


La preuve, aujourd'hui, je suis incapable de me bouger les fesses, enfin, ça va revenir, mais là, j'ai dû mal quand même, je suis incapable de me projeter dans l'avenir parce que j'ai cette poisseuse impression qui me colle que j'ai loupé quelque chose.

il va me falloir réagir. Quand, comment, il est peut-être un peu tôt encore pour le dire, je prends juste conscience de tout ça.

 

Je dois réinventer ma vie. Construire un nouveau couple peut-être où je serais moins dépendante et lui plus confiant, et peut-être qu'il nous faut ça pour avancer. 

J'ai toujours cru qu'il ne tient qu'à nous de voir les choses comme nous le voulons. Mais ce n'est pas si simple. Parce que nous voyons avec des yeux d'enfants aussi. Nous restons à jamais ce que nous avons été et il faut bien apprendre à grandir avec cet enfant et lui accorder sa juste place. Pour le moment, l'enfant que j'étais est trop présente. Elle m'empêche de grandir.  


A moi de croire pourtant que nous allons surmonter cette crise au boulot pour construire autre chose qui nous donnera plus de satisfaction, à moi de croire que nous pouvons être des parents formidables (à défaut d'être de jeunes parents), il faut juste que je retrouve confiance en moi, en la vie. Mon mari souffre beaucoup en ce moment, mais il croit en un avenir différent et meilleur, il croit en nous, en lui.

 

Je veux croire en moi maintenant parce qu'en lui je crois depuis longtemps... 


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Pour Mirandoline    

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commentaires

mes espoirs 19/07/2011 10:51


Article très touchant... Je ne peux que te souhaiter de retrouver ton moral et de te faire confiance, ton homme est là pour t'aider ! Garde espoir... plein de courage.
Bises


mon-petit-tresor.over-blog.com 19/07/2011 15:11



Et mon homme a besoin d'aide aussi, heureusement, il tient mieux la barre : moi j'ai vite la tête sous l'eau et là, j'ai dû mal... (et oui, c'est à toi que je dis ça... ) comment te sens-tu




Frimousse 18/07/2011 22:50


Je suis très admirative de cette introspection et de cette honnêteté dont tu es capable. On se ment tellement souvent à soi-même. ça n'est pas ton cas, tu cherches, tu fouilles, tu trouves, tu te
prends les choses en pleine figure mais tu les acceptes pour mieux les digérer, et pour avancer, encore et toujours vers là où tu seras enfin toi.
Je suis profondément convaincue que tu vas y arriver, justement parce que tu as cette force intense des belles personnes. L'honnêteté, tant vis-à-vis de soi que des autres est toujours payante.
Toujours.
Tu es sur la voie. La bonne. La tienne.
Je t'embrasse fort.


mon-petit-tresor.over-blog.com 19/07/2011 15:16



Hélas, je crois que je cherche un peu trop... et que je m'accroche un peu trop aussi au passé, au lieu d'aller de l'avant... J'ai lu ce passage de Matin magique (une newsletter) qui disait (entre
autre) cette phrase qui m'a interpellée : Si on pense un peu moins souvent aux sujets qui nous minent, et un
peu plus souvent à ceux qui nous font du bien, on sera heureux. ça disait aussi ça : 


les «pourquoi» et autres analyses du genre nous donnent l’impression d’avancer, mais ne contribuent bien souvent
qu’à nous garder enraciné dans le problème que l’on souhaite régler.


Ces deux morceaux de phrase, je devrais les faire miens... ça me permettrait peut-être de me détendre et d'arrêter de me prendre la tête... 



Lily 18/07/2011 17:58


La PMA oblige à bien des introspections... Mais c'est déjà avancer que de les accepter et de les partager. Tu peux être fière de toi et du chemin parcouru. bisous


mon-petit-tresor.over-blog.com 19/07/2011 15:08



Merci ! même si je ne me sens pas trop de raison d'être fière, c'est agréable à entendre... 



Dorothea 18/07/2011 16:40


ton texte est magnifique et fort..puissant en analyses..je crois que tu as bcp bcp de recul sur ta vie..je pense qu'il faut que tu continues dans cette voie à exprimer, extérioriser tout ce que tu
ressens...continues de vider ton sac...bon courage


mon-petit-tresor.over-blog.com 18/07/2011 17:42



Merci, c'est adorable, mais je suis plus dur sur moi-même, parce que j'ai l'impression que tout tourne autour de mon nombril et de ce que je ressens et comment je le ressens et pourquoi, et ceci
et cela... Bref, je voudrais moins penser et plus agir, oups là, voilà que je suis encore pas sympa avec moi-même... Y'a une cop qui m'a dit d'être bienveillante... hum... 


En tout cas merci !! (toujours beaucoup de boulot toi ?)



PMGirl 18/07/2011 14:48


Ce n'est jamais facile de repartir après des déceptions... Mais tu sembles sur la bonne voie, pas la plus facile mais certainement la plus saine.
bisous


mon-petit-tresor.over-blog.com 18/07/2011 17:39



Sûr et puis, tout arrive en même temps... Ce sera plus sain, c'est vrai dans quelques mois, enfin, je l'espère ! j'espère ne pas tomber plus bas. Parce que là, il n'y a rien de dramatique à vrai
dire. 



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2012 : Pause et récupération

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